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Byblos |
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La route vers Byblos qui longe la mer permet de multiples incursions dans la montagne pour découvrir sites archéologiques ou naturels. Elle est la parfaite illustration de ce dialogue permanent entre littoral et arrière-pays. BYBLOS (JBEIL) À une quarantaine de km de Beyrouth, Byblos est une des plus anciennes villes du monde (selon les sources, entre 7 000 et 9 000 ans de présence humaine sur le même site). Byblos dans l'histoire Philon de Byblos (iie s. apr. J.-C.) attribue la fondation de la ville au dieu El (pour les Grecs Kronos). Mais les premiers témoignages réels attestent la présence d'une communauté humaine permanente et organisée au néolithique (5000 av. J.-C.), celle des Giblites (habitants de Byblos, le Gébal de l'Écriture), autour d'un sanctuaire. Entre 3200 et 2800 environ, l'ensemble du site est occupé. Les maisons sont en pierre, les tombes à l'extérieur du village. Un rempart est érigé. Placé entre l'Égypte d'une part et la Mésopotamie d'autre part, le site devient un lieu d'échanges économiques, religieux et culturels. Durant le Ille millénaire, Byblos connaît la prospérité, grâce en particulier à ses relations avec l'Égypte. Vers 2150, les Amorrites attaquent Byblos qui est ruinée par deux fois. Deux cents ans plus tard, Byblos redevient un grand centre d'échanges. En 1725 av. J.-C., l'invasion des Hyksos remet tout en question, mais en 1580 les Égyptiens les chassent. La Phénicie redevient leur protectorat et le commerce reprend. À cette époque est inventé l'alphabet. Au début du xiie siècle, avec la prépondérance de Tyr lors de la domination des Peuples de la mer, Byblos, à l'instar des autres cités phéniciennes, perd de son importance. Les envahisseurs successifs (Assyriens, Babyloniens, Perses, Grecs, Romains) contribuent à ce recul. Byblos demeure cependant un centre religieux éminent. Sanctuaires et temples se multiplient ou sont embellis. Le tombeau d'Adonis attire les foules. Cette caractéristique ne sera pas démentie par le christianisme qui fait de la ville un évêché. Avec la conquête arabe (636), Byblos est contrainte de rompre ses relations avec l'Occident et connaît un véritable déclin. La période des croisades (la ville qui s'appelle alors Giblet est prise en 1104 par Raymond de Saint-Gilles) permet une nouvelle prospérité, notamment grâce à des marchands génois, les Embriaco. En 1187, cependant, la ville est vaincue et désarmée par Saladin; elle accueille une colonie kurde. Les croisés la reprennent en 1199. Elle succombe définitivement sous Beibars en 1266. Dès lors, ce sont les Mamelouks qui dominent la ville. Les grandes voies commerciales passent ailleurs (Alep, Damas) et la découverte de la route des Indes par le cap de Bonne-Espérance porte un coup fatal aux villes italiennes et à leurs partenaires en Méditerranée orientale. En 1516, les Turcs conquièrent la région. On entre dans une période qui ne connaîtra son terme qu'avec l'épilogue du premier conflit mondial, le démantèlement de l'empire ottoman et la naissance du Liban moderne. C'est le temps du Liban féodal, plus ou moins autonome par rapport à la Sublime Porte. Byblos sombre dans la léthargie, d'où la tireront les archéologues: Renan en 1860, Pierre Montet entre 1920 et 1924, enfin Maurice Dunand, à qui l'on doit la reconnaissance la plus précise, la plus scientifique et la plus passionnée de ces lieux. Grâce à eux et à ce dernier en particulier, on peut aujourd'hui s'asseoir face à la mer, entouré des traces tangibles des civilisations qui durant 7 000 ans ont habité et enrichi ces lieux. On peut se laisser aller à la rêverie et à l'imagination, et communier avec cette théorie de générations et de peuples souvent ennemis mais qui ont conféré à cet endroit précis du monde un statut à nul autre pareil. Aujourd'hui, Byblos est une petite ville qui vit essentiellement du tourisme, comme en témoignent les souks rénovés et les boutiques pour touristes (rue Maurice-Dunand, au pied de la forteresse des croisés). |

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Byblos, Les colonnes Greco-Romaines |



